MODE D'EMPLOI
·Qui sont-ils ?, comment opèrent-ils ?
« Tu viens de rembourser le prix de la traite négrière que vos ancêtres nous ont infligée ». En pleurs devant son ordinateur muni d’un Webcam (petite caméra qui permet aux internautes de se voir pendant la connexion), Patrick, un Français handicapé à cause d’un accident de travail (la révélation est de lui), vient de recevoir ce message, qui ruine, sans doute, ses espoirs. Croyant avoir affaire à la dulcinée de son rêve, il s’est rendu compte, après avoir été arnaqué à hauteur de 30.000 euros (19.650.000 fcfa), qu’il avait plutôt affaire à des escrocs en ligne. Ceux qu’on appelle des cybercriminels. La majeure partie de son économie, après que son assurance l’eut dédommagé, est tombée dans l’escarcelle de jeunes ivoiriens qui opèrent depuis la Côte d’Ivoire sur Internet. En affichant lors de leur dialogue la photo de Natacha, une plantureuse africaine aux courbes salivantes sur l’écran de l’ordinateur, ces jeunes ont su attirer la sympathie de Patrick, avant de le piéger. Patrick fait partie de ces « Blancs », en quête de femme sur Internet, et qui finissent par se faire « détrousser » par de jeunes ivoiriens. L’arnaque sur la toile mondiale est devenue une véritable mafia en Côte d’Ivoire. La quasi-totalité des cybercafés sont devenus des repères de cybercriminels qui, à partir de l’Internet, grugent de nombreux Européens. Et le fruit de leur vol se chiffre à des millions, voire des centaines de millions par jour, si l’on s’en tient aux transactions financières opérées par ces escrocs. C’est ce qu’on appelle la cybercriminalité. Selon Dimba Traoré, expert en Ntic, lors d’une interview accordée à Fraternité matin du 18 juin 2007, la cybercriminalité est l’ensemble des délits commis contre les systèmes d’informations, et aussi l’ensemble des crimes commis en utilisant l’informatique et l’Internet. « La cybercriminalité a deux aspects : c’est tout ce qui est crime contre les systèmes d’information. Et toutes sortes de crimes commis par l’utilisation des systèmes d’informations », indiquait-il. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire, par la faute des cybercriminels, est devenue un pays à haut risque. Comme l’illustre d’ailleurs plusieurs commissions rogatoires dont la dernière est celle des Belges, récemment arrivés sur les bords de la lagune ebrié pour des enquêtes. Les escrocs utilisent des méthodes aussi ingénieuses qu’inimaginables pour se faire de l’argent.